Historique

Négligées et délaissées dans la vague de reconnaissance des garderies populaires, les travailleuses en halte-garderie ressentent le besoin de se rencontrer et de partager leur réalité. Ce n’est qu’en 1990, qu’un mouvement concret se dessine. La volonté d’un regroupement se justifie par l’isolement et la précarité de ce mode de garde.
 
C’est ainsi qu’en 1992 se crée l’Association des haltes-garderies de la région de Montréal (AHGRM). Les objectifs sont d’offrir un rayonnement à ce mode de garde et travailler à la recherche de financement. De plus, l’objectif d’une mise en commun des expertises et des ressources développées par ces travailleuses en halte-garderie s’avère capital pour elles afin de qualifier l’intervention dans l’ensemble de ce réseau et par la même occasion créer une solidarité entre ces ressources.
 
À ces débuts, une dizaine de haltes-MDH-juin-2012garderies qui viennent de différents milieux d’intervention forment les rangs de l’Association. Les premières années de l’Association sont particulièrement difficiles puisqu’elle ne reçoit pas de financement pour maintenir une permanence et se faire connaître. Pendant cette période, l’AHGRM vise surtout le soutien mutuel et l’échange d’informations. Elle organise des rencontres entre les coordonnatrices de haltes-garderies et cherche à favoriser les échanges sur les pratiques, les modes de financement, les difficultés vécues et la recherche de solutions. C’est au fil de ces rencontres et de ces discussions que germent les prémisses de ce qu’elles appelleront la « Base d’unité politique » qui définit le travail en halte-garderie.
 
À la fin des années 90, des sources de financement plus stables permettent de mettre en place une permanence. L’Association concentre alors ses actions sur une meilleure visibilité de l’organisme et le recensement des haltes-garderies dans l’ensemble du Québec. Faisant preuve d’imagination pour rejoindre les haltes-garderies communautaires, les résultats des démarches de l’AHGRM ont été plus que concluants. En effet, plusieurs haltes-garderies de l’extérieur de la région de Montréal demandent à adhérer. Pour permettre la légitimité de ces demandes de plus en plus nombreuses, l’Association se voit dans l’obligation de modifier sa structure juridique passant d’organisme régional à organisme national : l’Association des haltes-garderies communautaires du Québec (AHGCQ) naît en décembre 2000.

 

Lors du changement de statut d’organisme régional en organisme national, l’Association révise ses règlements, son membership et diverses autres dispositions. L’ajout de « communautaire » vient préciser le type de haltes-garderies qu’elle veut représenter et rejoindre. Désormais les haltes-garderies membres doivent relever d’un organisme communautaire. Cette décision vient confirmer la caractéristique propre à toutes les haltes-garderies membres à savoir qu’elles sont un service en soutien à la mission de base des organismes qui les opèrent. De plus, cette précision confirme que les organismes qui offrent ce mode de garde ont pour mission, non pas la garde d’enfants, mais le soutien à la famille. Par la même occasion, un nouveau critère d’adhésion s’impose afin de spécifier la nature des services : celui de démontrer l’application d’un programme éducatif. Ce critère se veut une assurance pour les travailleuses de manifester la qualité de leur intervention. C’est le préambule d’une démarche de reconnaissance dans le but de distinguer les haltes-garderies en milieu communautaire des haltes-garderies en centre d’achat.
 
Depuis 1998 et jusqu’à ce jour, l’AHGCQ a raffermi ses positions et ses actions face aux besoins criants des haltes-garderies communautaires. Elle a orienté plus spécifiquement ses interventions vers la défense des familles qui fréquentent les haltes-garderies communautaires et développé une approche plus politique pour assurer leur reconnaissance.
 
Pendant cette même période, l’AHGCQ connaît un essor associatif et des changements importants. Pour n’en citer que quelques-uns :

  • Un financement de base provenant d’abord du SACA puis du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale qui lui permet d’acquérir une permanence.
  •  Au printemps 2004, le Ministère de la Famille et de l’Enfance reconnaît l’Association comme organisme national famille du Québec. Elle devient ainsi le huitième organisme de ce type.
  • Une augmentation de son membership passant de 15 haltes-garderies en 1998 à 1999 en 2014.
  • La publication de documents de référence, d’un magazine trimestriel et d’un répertoire recensant l’ensemble des services de haltes-garderie ainsi qu’un volet de formation adapté au travail du personnel éducateur.
  • La tenue d’un colloque national de formations et d’échanges aux deux ans.
  • La création et l’édition d’un projet éducatif, Je grandis en halte-garderie, adapté à la spécificité de ces services en mai 2011 accompagnée d’une tournée de formation à travers le Québec sur ce projet éducatif.

 
Cette période est aussi jalonnée de multiples actions au niveau politique afin de faire reconnaître et financer les haltes-garderies. Ces différentes actions portent leurs fruits en mars 2006 alors que le ministre des Finances annonce une mesure financière non récurrente de 3 millions pour les haltes-garderies communautaires. Cette mesure sera rendue permanente lors du budget de 2007 et indexée progressivement pour atteindre aujourd’hui 4 millions permettant ainsi d’offrir un soutien financier à 245 organismes offrant un service de halte-garderie.